Une surface brute transformée en loft industriel

Par Maeva Destombes

Au cœur du 10e arrondissement de Paris, l’agence Mélanie Lallemand Architectures a imaginé la rénovation d’une surface brute de 58 m2 en un superbe loft typiquement esprit New-Yorkais. Tous les codes de l’esprit industriel ont été réunis pour cette transformation : verrière d'atelier, béton ciré, mobilier vintage. Les atouts de cet espace ont été réutilisés. Ainsi le vieux parquet en planches de bois brut et les fenêtres à guillotines, après avoir subi une restauration, sont des éléments importants qui contribuent à renforcer l’effet loft industriel souhaité par l'architecte. 

Dans un loft style industriel, une cuisine avec un îlot central, trois lampe au dessus du plan de travail. A gauche, une lampe Jieldé avec bras articulé. Au fond le couloir et la salle de bain cachée derrière une verrière.

Une lampe de type Jieldé, typiquement industrielle, avec bras articulé, apporte une autre source de lumière. Les jeux de lumière sont récurrents dans le travail de l’agence et de l'architecte. Un range-livres fabriqué avec une vieille caisse en bois se transforme à l'occasion en porte-fruits mobile.

Le loft new-yorkais en plein cœur de Paris

Dans le 10e arrondissement de Paris, ce qui n’était à la base qu’un grand volume rectangulaire de 58m2, doté d’une belle hauteur sous plafond, est désormais un superbe loft industriel au style typiquement New-Yorkais, un espace de vie très convivial pour les deux jeunes propriétaires. Cette perle rare et atypique, dénichée par l’architecte pour le couple, possédait un potentiel fabuleux mais sans espaces définis. L’idée était de tout modifier, redistribuer les mètres carrés en différentes pièces (alors inexistantes), sans casser la perspective du regard allant d’un bout à l’autre de la pièce et surtout sans créer d’obstacles visuels entre les fenêtres placées aux deux bouts, permettant à l’appartement de baigner dans la lumière parisienne.

Hormis les énormes fenêtres à guillotine donnant sur le grand boulevard, d’autres pépites décoratives ont été conservées comme les radiateurs anciens ou encore les vieilles planches de quai de déchargement en guise de parquet. Après avoir été déposées puis restaurées, elles ont été réinstallées à leur place initiale. Pour ancrer cette surface brute dans un esprit industriel, les matériaux et objets de décoration classiques ont été utilisés : béton ciré gris anthracite, grande verrière, suspensions industrielles en métal… Les couleurs sont douces et l’agencement ergonomique.

Dans l'entrée, des vieilles planches en bois fixées verticalement sur un mur blanc au milieu. À droite, on aperçoit la baignoire îlot de la salle de bain.

Les vieilles planches en bois fixées sur l’un des murs blancs de l’entrée offre une décoration simple mais efficace. Elles renforcent l’esprit industriel du loft.

La cuisine, construite autour d'un îlot central

Au milieu de la cuisine, un îlot central avec trois suspensions métalliques qui éclairent le plan de travail. Au fond à gauche, le couloir. Au fond à droite, la salle de bain.

Dans la cuisine, l’îlot central est placé dans le prolongement du mur séparant l’entrée et la salle de bains, créant ainsi un couloir pour fluidifier et optimiser la circulation entre les différentes pièces ainsi dessinées virtuellement (cuisine, entrée, salon).

Au milieu de la cuisine, un îlot central avec trois suspensions métalliques qui éclairent le plan de travail. Au fond, un immense placard en bois recouvre le mur. Au fond à droite, la salle de bain.


L’îlot central de la cuisine est en quartz reconstitué et en bois blond. Au dessus, trois suspensions chinées, en métal noir, éclairent le plan de travail.

Dans l’entrée, de vieilles planches en bois sont fixées verticalement sur la mur à gauche. Elles servent à accrocher un vélo. La perspective permet de voir l'îlot central de la cuisine et les deux grandes fenêtres à guillotines du salon, au fond de la pièce.

Fixées sur l’une des parois de l’entrée, de vieilles planches en bois chinées par l’architecte servent à l’accrochage d’un vélo. Dès l’entrée, le visiteur découvre d’un seul coup d’œil la cuisine et les deux majestueuses fenêtres à guillotine.

Le salon, une pièce à vivre à la décoration simple et épurée

Dans un coin du salon, contre le mur de gauche, un canapé en velours jaune. Le mur de droite laisse apparaître une fenêtre à guillotine. A droite de la fenêtre, une chaise noire. Sous la fenêtre, une vieille caisse en bois à roulettes. Le sol est recouvert d'un parquet fabriqué avec des vieilles planches de bois.


Dans l’espace salon, un canapé en velours jaune donne de l’éclat à l’ensemble et fait écho à la lumière naturelle traversant les fenêtres à guillotine. Une vieille caisse à laquelle ont été rajoutés des roues sert de range-livres mobile.

Une verrière industrielle pour délimiter le couloir, la salle de bains et la cuisine

De la cuisine, on voit la salle-de-bain à droite. A gauche, dans le couloir, un immense placard recouvre le mur du sol au plafond. Au milieu de ce placard, une niche dans laquelle sont posés un sac à main en osier et un chapeaux. Le fond de la niche est recouvert par un miroir.


De la cuisine, le regard se perd entre la salle de bains et le couloir, séparés par une verrière industrielle. Un immense placard, très fonctionnel avec ses multiples rangements, de couloir recouvre le mur du sol au plafond. Une niche aménagée au centre permet d’y déposer sac et chapeaux.

La salle de bains, moderne et fonctionnelle

Dans l’espace salle de bains, au centre contre un mur, une baignoire îlot. À gauche de la baignoire, un porte-serviettes en métal argenté. Une serviette noire est posée sur le rebord de la baignoire. A droite, un vieux radiateur restauré et repeint en blanc sous une fenêtre à la française.


Dans l’espace salle de bains, une baignoire îlot, facile à installer, donne un charme très contemporain et élégant à la pièce.

Avant et pendant les travaux

Une surface brute de 58m2. Tout a été cassé. Le paquet a été déposé. Des lambourdes ont été fixés au sol. Au fond de la pièce, deux énormes fenêtres à guillotine.

Dans la surface brute de 58m2, tout a été cassé pour mieux être reconstruit. Le paquet a été déposé délicatement pour pouvoir réutiliser les lames et refaire l’isolation. Des lambourdes ont été fixées au sol pour assurer au futur parquet, une double isolation, thermique et phonique.

Qui est l’architecte Mélanie Lallemand Flucher ?

L’agence d’architecture Mélanie Lallemand Architectures a été crée en 2011 par Mélanie Lallemand Flucher. Diplomée de LISAA (l’Institut Supérieur des Arts Appliqués) en 1996, Mélanie a un parcours qui frise la perfection. Après son diplôme, elle a travaillé pendant 12 ans dans diverses agences d’architectures parmi les plus prestigieuses. Au côté de Claude Vasconi, Rena Dumas et Patrick Jouin, elle s’est forgé un savoir-faire qui lui ont permis au fil du temps de réaliser de nombreux projets architecturaux où la créativité et l’humain tiennent une place très importante. N’ayant peur d’aucun défi, l’agence travaille aussi bien pour des particuliers que pour des gros projets comme les hôtels, les bâtiments publics, les boutiques, les restaurants… Autant de terrain d’expérimentation portant la patte et le style de l’architecte. Son travail est toujours un mix où l’architecture, le design et l’architecture d’intérieur dialoguent avec talent. Les réalisations doivent être fonctionnelles, innovantes et qualitatives. Véritables lieux de vie où il fait bon vivre, l’architecte les réalise en se projetant dans leur utilisation par les usagers. Dans ses projets, tout a une justification fonctionnelle et aucune place n’est laissée au superflu.