La COP 21 en 8 questions

Par Pascale Komlos

Du 30 novembre au 11 décembre 2015, la France accueille et préside la COP 21, soit la vingt-et-unième Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Quels en sont les enjeux ?

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Une campagne d’affichage diffusée un peu partout en France… Du 30 novembre au 11 décembre 2015, Paris/le Bourget deviendra la capitale mondiale des négociations sur le climat, lors d’une COP aux énormes enjeux.

1. Quelle différence avec les autres COP ?

Il s’agit du plus grand événement diplomatique accueilli par la France et également de l’une des plus grandes conférences climatiques jamais organisées. C’est en effet la première COP à réunir autant de pays, avec 40 000 participants, et surtout avec certains pays comme les Etats-Unis qui, à eux seuls, émettent 30 à 35 % du total des gaz à effet de serre d’origine humaine et qui n’ont pas ratifié le protocole de Kyoto. Rappelons que, par ce protocole entré en vigueur en février 2015, les pays signataires ont globalement accepté de réduire de 5,5% leurs émissions de gaz à effet de serre sur la période 2008-2012, par rapport au niveau atteint en 1990.

Autre différence de taille : la prise en compte des océans dans les discussions. Si le sujet des océans avait bien été évoqué lors de la première COP de Rio en 82, ce ne fut ensuite plus jamais le cas. Cette année, une plate-forme océan et climat a été créée pour tenter de convaincre les autorités de l’importance de prendre en compte les océans (cf question 7) : ce sera chose faite les 2, 3 et 4 décembre.

2. Quel en est l’objectif principal ?

Il est clair : prendre des engagements pour maintenir le réchauffement mondial en deçà de 2° C  et aboutir pour la première fois, à un accord universel et contraignant permettant de lutter efficacement contre le dérèglement climatique et d’accélérer la transition vers des sociétés et des économies résilientes et sobres en carbone.

7_milliards_revu.jpg 3. Pourquoi parle-t-on d’accord contraignant ?

On parle d’accord contraignant puisque les différents pays présents devront prendre des engagements sanctionnés par des amendes en cas de non-respect. Pour maintenir le réchauffement mondial en deçà de 2°C, les pays participants vont devoir notamment s’engager à consommer moins d’énergie fossile ce qui passe par une réduction de leur consommation de charbon, la plus polluante de toutes les énergies mais aussi des autres combustibles fossiles (pétrole, gaz…). A l’avenir, il faudra aussi davantage privilégier les énergies renouvelables même si ce n’est pas non plus la solution miracle.

4. A quoi va servir le fond vert qui va être mis en place ?

Dans le cadre de cette COP 21, les pays participants vont également contribuer à la mise en place d’un fond vert qui servira à aider les pays en voie de développement à ne pas reproduire les mêmes erreurs que celles commises par le passé par les pays développés. Il s’agit de les aider à diminuer leur consommation d’énergie fossile, en évitant par exemple la destruction des forêts pour se chauffer ou faire cuire leur nourriture. Ce fond devrait se monter à 100 milliards de dollars, avec des organismes de contrôles permettant de vérifier que les sommes sont employées à bon escient.

ciel_page2_revu.jpg 5. Pourquoi est-il urgent de stopper le réchauffement climatique?

En 2014, la température moyenne à la surface du globe est supérieure de 0,09°C par rapport à la normale calculée pour la période 1961–1990 (14°C). Elle dépasse de 0,08°C la moyenne des températures des dix dernières années (2005–2014). Il s’agit de l’année la plus chaude jamais enregistrée depuis 1880. En France métropolitaine et pour le XXe siècle, l’augmentation moyenne de la température atmosphérique est de l’ordre de 0,7°C sur le siècle dans le nord-est du pays.

* Source : NOAA, NASA et Met Office, 2015.

6. Pourquoi faut-il prendre en compte les océans dans ces questions climatiques ?

Pour juguler ce phénomène de réchauffement climatique, il est capital de s’engager à préserver les océans au même titre que les forêts car ce sont eux qui participent à la régulation du climat : en redistribuant l’énergie absorbée dans les zones tropicales vers les zones polaires et en emmenant grâce aux courants océaniques la chaleur excessive vers les zones polaires. Ségolène Royal vient de s’engager dans ce sens dans Paris Match : «Parce que l’océan n’est pas habité, il est considéré comme une poubelle collective. L’une des priorités, c’est la replantation des mangroves, ces forêts littorales qui peuvent amortir des vagues de 7 mètres et protéger les côtes les plus exposées à la hausse du niveau de mers et aux perturbations climatiques extrêmes».

7. Quels sont les effets du réchauffement climatique ?

L’élévation moyenne de la température de la planète conduit à différents phénomènes : par effet de dilatation, les océans qui se réchauffent vont ‘augmenter’ de volume. On sait qu’une élévation de la température de deux degrés va augmenter le niveau de la mer de 20 cm. Parallèlement, ce réchauffement entraîne la fonte des glaciers continentaux (notamment le Groenland) qui participe également à l’élévation du niveau de la mer, dans les mêmes proportions : deux degrés de plus égal 20 cm d’élévation du niveau de la mer. Au total, le niveau des océans pourrait monter de 40 cm, inondant de nombreux deltas et des zones côtières. Les phénomènes type cyclone seraient également de force supérieure.

8. L’élévation des températures a-t-elle des conséquences sur les coraux ?

Oui. Il faut savoir que les coraux se nourrissent des produits de la photosynthèse des micro-algues qu’ils abritent. L’élévation des températures génère un stress qui, s’il est durable, va entrainer la disparition de ces micro-algues : faute de nourriture, les coraux blanchissent et finissent par mourir. A l’heure actuelle, 20 à 25 % des récifs coralliens qui existaient ont d’ores et déjà disparu avec des conséquences importantes : en effet, les barrières coralliennes permettent de protéger les lagons et les zones habitables et sans elles, les atolls seraient submergés. Enfin, à terme, la biodiversité des récifs est menacée : alors qu’ils ne couvrent que 0,1 à 0,2% de la surface des océans, les récifs coralliens abritent pourtant plus de 30% de toutes les espèces marines connues à ce jour. Conséquence : 500 millions d’habitants voient ainsi leurs ressources en protéines fondre comme neige au soleil…